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lundi 1 mars 2010

"God gives us our relatives..."

"...Thanks God we can choose our friends". Ethel Mumford.

Mary et Max, film d'animation en pâte à modeler de Adam Elliot qui étonne par ses teintes grises avec simplement quelques éclats de couleurs, ses personnages singuliers mais très expressifs et sa très bonne bande son, est une grande réussite.

C'est l'histoire d'une correspondance étonnante entre deux personnages atypiques et attachants: Mary, petite fille solitaire de 8 ans, vivant en Australie, complexée par une tache de naissance sur le front, affublée d'une mère alcoolique, d'un père taxidermiste et d'un coq de compagnie, mais grande amatrice de lait concentré... et de Max, un juif quadragénaire vivant perclus dans son appartement de New-York, obèse, friand de hot-dog au chocolat et souffrant de la maladie d'Apserger. 


Pendant plus de 20 ans et malgré la distance qui les sépare, leur relation épistolaire célébrera l'amitié et ses aléas. Les années passant, l'une devenant adulte, l'autre devenant vieillard, les deux amis partagent à travers leurs différences, les fêlures de leurs vie, leurs défauts et leurs espoirs. 


Mary&Max est à la fois poésie sombre, humour désespéré et tendresse mélancolique. Véritablement décalé, ce film doux amer nous conte histoire de deux laissés pour compte, avec une profonde humanité, à l'image de la vie, pleine d'absurdité et de joies simples. 

samedi 27 février 2010

The time that remains

Fortement autobiographique, Le temps qu'il reste d'Elia Suleiman est l'histoire d'une famille palestinienne dans sa vie quotidienne à Nazareth, ville des territoires occupés par l'armée israélienne. Conçu à partir des carnets personnels de son père et des lettres que sa mère envoyait aux membres de la famille expatriés, le film, présenté au Festival de Cannes en 2009, évoque la tragédie palestinienne à travers ce récit familial en 4 temps. De la guerre de Palestine (1948) à nos jours, au rythme des arrestations et des Intifadas, à travers des saynettes burlesques, aussi cocasses que banales, Suleiman parle de lui et de sa famille, « Arabes-israëliens », restés en minorité sur le territoire qui était le leur.

D'une grande beauté esthétique, dans un silence grave, Le temps qu'il reste joue avec les détails et les symboles et crée des instants de véritable poésie emplis de tristesse. Sauter à la percher par dessus le mur, organiser une soirée malgré le couvre-feu, parler au téléphone dans la rue en ignorant le canon du tank pointé sur soi... Autant de rêves et de révoltes, transmis de génération en génération, contre cette occupation israëlienne omniprésente. Celui qui est à la fois absent et présent, témoin qui ne dit mot, exilé sur le chemin du retour, Suleiman lui même hante le film de ses souvenirs et transmet toute la douce amertume de ces situations, intimes et historiques, sans jamais perdre son calme, ni son humour. Un beau film, à voir et à méditer.

mardi 2 février 2010

Conte pour adulte

Alors que le festival international de la BD d'Angoulème de cette année se termine juste, j'en profite pour revenir sur la BD qui a obtenu le prix du meilleur album l'année dernière: Pinocchio de Winshluss. Une petite merveille qui a bien mérité son prix!  

Pinocchio, comme son nom l'indique, revisite les mésaventures de la marionnette de bois, bien connue de tous les amateurs de Disney. Simple adaptation en BD? Loin de là!

Pinocchio en robot guerrier expérimental, Jiminy cricket en cafard, des nains pervers et un flic dépressif qui mène l'enquète... On est ici très loin du conte pour enfant! Winshluss nous donne sa version décapante du conte avec humour noir, cruauté et provocation. Cette adaptation, très libre, si elle est moins merveilleuse n'en est pas moins pleine de fantaisies!

Mais la BD de 200 pages est également une véritable expérience esthétique: du noir et blanc à la couleur, des dessins minimalistes aux pleines pages contemplatives, chaque section graphique est époustouflante et s'accorde parfaitement avec la trame narrative.  De quoi en prendre plein les yeux!

Dernier détail, mais on l'oublierait presque (c'est dire l'expressivité des dessins!), la BD est muette. Pas le moindre petit dialogue... mais quelle intensité pourtant!!

Bref, un récit d'une grande richesse, surprenant, terrifiant et fascinant, mais à lire absolument!