dimanche 7 février 2010

Bienvenue à Shenzhen!

Venez découvrir le monde de l'animation, sa production délocalisée, l'organisation du studio, et ses petites mains appliquées. Venez découvrir également la Chine, ses hôtels standardisés, sa population accueillante, sa cuisine exotique...  Mais surtout venez découvrir Guy Delisle, un canadien, auteur de talent, exilé à Schenzen (ville moderne de la banlieue de Hong-Kong) pour 3 mois, pour superviser la production d'une animation (Papyrus).
Avec beaucoup d'humour, un regard critique mais également tendre, l'auteur nous conte sa solitude, ses longues heures d'ennuis, ses difficultés à communiquer avec la population et le fossé culturel auquel il doit faire face mais aussi un florilège de petites anecdotes qui font de cet album autobiographique un carnet de voyage drôle et décapant sur l'Extrême Orient.
Avec un dessin simple, sur et expressif, Delisle nous fait partager cette expérience incongrue, avec curiosité et sensibilité, et nous donnerait presque envie de faire partie du voyage la prochaine fois.

A lire également du même auteur avec le même principe: Pyongyang et Chroniques birmanes.


Aime moi que je puisse m'aimer.

Comme son titre Two lovers l'annonce, ce film de James Gray est une histoire d'amour, évidemment. Un drame sentimental plus précisément.
Comme l'affiche le laisse présager, il s'agit d'un homme tiraillé entre deux femmes? Ou bien de deux femmes éprissent du même homme? En réalité, dans cette histoire, l'une soupire pour l'un qui court après une autre, elle même déjà amoureuse d'un autre... Amour en chaine qui ne rencontre pas sa réciproque, schéma amoureux classique, cruel et pathétique, mais dont on ne se lasse pas à condition qu'il soit bien traiter. Heureusement, c'est le cas ici!

Joaquim Phoenix est remarquable en homme perdu, meurtri, accablé par son amour perdu, sa maladie (la bipolarité : alternance d'extases profondes et de dépressions suicidaires) et ses parents qui l'étouffent, lui fournissant un travail, une nouvelle fiancée et un avenir tout tracé! Mais voilà qu'une nouvelle voisine débarque dans sa vie, jeune beauté un peu paumée, éprise d'un homme marié, délaissée, en mal d'amour et qui a grandement besoin d'être sauvée. Notre héros, à la recherche de lui même et décidé à se reprendre en main, en tombe bien évidemment éperdument amoureux... Et c'est là que les choses se compliquent.

Le thèmes et les personnages semblent vus et revus, une histoire « banale » et pourtant avec beaucoup de sobriété et de pudeur, l'émotion émerge devant ces amours contrariés. Chaque personnage de ce trio souffre et espère, aux prises à ses sentiments, exacerbés et retenus, irrationnels mais follement rassurants à la fois. Chacun est pris dans une recherche de lui même et de son double, reflet du miroir sécurisant, qui pourra l'accompagner dans cette vie pour partager un peu de bonheur...

Mais l'amour a ici un goût d'amertume, de douce résignation et de regret qui en souligne toute la cruauté et l'ingratitude, bien qu'il reste l'objet de la quête de ces trois protagonistes (et de beaucoup d'autres...). Car (s')aimer n'est pas chose aisée.

Raison et déraison, aimer ou être aimer, s'aimer tout simplement. Dans cette histoire, tout est question de ce choix, qui n'en est pas vraiment un. Car somme toute l'amour peut être le plus égoïste des sentiments. Aimer, désirer, posséder... entre fascination narcissique et quête d'absolu. Mais, ne l'oublions pas, l'amour peut aussi être le plus généreux de tous les sentiments, encore faut-il savoir l'offrir et l'accepter quand il nous est donné. Serait-ce si simple finalement?

jeudi 4 février 2010

mercredi 3 février 2010

Envie d'évasion?


L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire

mardi 2 février 2010

Conte pour adulte

Alors que le festival international de la BD d'Angoulème de cette année se termine juste, j'en profite pour revenir sur la BD qui a obtenu le prix du meilleur album l'année dernière: Pinocchio de Winshluss. Une petite merveille qui a bien mérité son prix!  

Pinocchio, comme son nom l'indique, revisite les mésaventures de la marionnette de bois, bien connue de tous les amateurs de Disney. Simple adaptation en BD? Loin de là!

Pinocchio en robot guerrier expérimental, Jiminy cricket en cafard, des nains pervers et un flic dépressif qui mène l'enquète... On est ici très loin du conte pour enfant! Winshluss nous donne sa version décapante du conte avec humour noir, cruauté et provocation. Cette adaptation, très libre, si elle est moins merveilleuse n'en est pas moins pleine de fantaisies!

Mais la BD de 200 pages est également une véritable expérience esthétique: du noir et blanc à la couleur, des dessins minimalistes aux pleines pages contemplatives, chaque section graphique est époustouflante et s'accorde parfaitement avec la trame narrative.  De quoi en prendre plein les yeux!

Dernier détail, mais on l'oublierait presque (c'est dire l'expressivité des dessins!), la BD est muette. Pas le moindre petit dialogue... mais quelle intensité pourtant!!

Bref, un récit d'une grande richesse, surprenant, terrifiant et fascinant, mais à lire absolument!

Une vidéo douce-amère, à méditer...

lundi 1 février 2010

Die Zauberflöte, Hommage au Maître!


Jeudi dernier, Opéra national de Bordeaux, 20h

La flûte enchantée de Mr Mozart.
(et bien j'y étais! au premier rang, s'il-vous-plaît! )

Résultat: un spectacle magnifique!

Une mise en scène très moderne, très "actualisée", mais dans l'esprit de cet opéra-comique, conte baroque merveilleux et jubilatoire! On se réjouit de retrouver Papageno , le joyeux luron, et sa Papagena, la Reine de la nuit et son rire démoniaque (mais si beau!) et toutes les pérégrinations du jeune Pamino pour sauver sa Pamina... Tout ça dans une station de ski avec décors designs, paysages enneigés, "effets spéciaux" (la fuite en luge ou en hélicoptère sont particulièrement réussies!) et jeunes danseuses affriolantes... Bref une mise en scène exubérante et osée, des chanteurs au mieux de leur forme, on s'amuse, on rit et on savoure la musique du Maître!

Bref, un très bon moment de musique classique qui montre à quel point Mozart reste indémodable!