samedi 20 février 2010

A quoi ça sert l'amour?



Pour répondre à cette belle question qu'on s'est toujours posé...

jeudi 18 février 2010

"Only the dead have seen the end of war"


Remake américain du film éponyme de la Danoise Susanne Bier, Brothers de Jim Jerridash regroupe une belle palette d'acteurs pour un film catharsis autour de la guerre (en Afghanistan) et ses nombreuses conséquences (néfastes).

Nathalie Portman (Grace), toujours aussi jolie et mère de famille (pour la première fois à l'écran!) de deux charmantes gamines, toutes deux touchantes par leur insouciance et leur gravité d'enfant que les drames font grandir trop vite.

Tobey Maguire (Sam), époux et père modèle, bouleversant en Marines anéanti, hanté par les atrocités de la guerre, âme errante qui retrouve le bonheur sans savoir quoi en faire, incapable de renouer avec cette vie « normale » auprès de ses proches « qui ne peuvent pas comprendre ».

Jack Gyllenhaal (Tommy), le frère « raté » juste sorti de prison, qui revient en fils prodige, figure rédemptrice et nouvel héros pour cette famille brisée.

Entre ces personnages, cela ne pourrait être rien de plus qu'une histoire de famille. Un frère absent, déclaré mort, un autre frère, protecteur, qui prend soin de la famille abandonnée et la vie qui continue... Pourtant ce n'est pas ce dont il s'agit ici. Au delà du drame familial, c'est une réflexion dure et pleine de justesse sur la guerre, ses traumatismes et ses destins brisés.  Aucun homme ne peut réellement apprendre à tuer ou à voir mourir sous ses yeux... Il n'y a plus lieu ici d'en douter. L'horreur de la guerre et la solitude de l'homme face à cette sauvagerie, la nécessité de continuer à vivre avec ces stigmates sur son corps, dans sa mémoire, sur sa conscience... Si "Only the dead have seen the end of war",  l'homme (Sam), pourtant encore vivant,  est-il condamné à ne pas y survivre?

Les destin inversés de ces deux frères, décrits tout en nuance et finesse, s'imposent comme le portrait d'une nouvelle génération qui, à l'image des précédentes, doit affronter son lot de souffrances et de tragédies, destins tourmentés des hommes qui connaissent la guerre, pris dans les affres de l'histoire.

lundi 15 février 2010

Voyage au pays du soleil levant...

Roman au style fluide et raffiné, digne de cette soie du Japon si réputée, Soie d'Alessandro Baricco (jeune écrivain italien talentueux) nous emporte au pays du soleil levant, théâtre d'une histoire d'amour et de trahison, envoûtante et légère. 

Hervé Joncourt, acheteur et revendeur de vers à soie, "assiste à sa propre vie" comme à un jour de pluie, se laissant guider sans jamais oser décider. Pour sauver les vers à soie de l'épidémie qui les menace, laissant seule sa femme Hélène et son petit village de Lavilledieu, Hervé accepte de partir pour un pays fermé sur ses traditions, vierge de toute intrusion étrangère (Nous sommes en 1861). Expédié au Japon, pays inconnu et fascinant, "toujours tout droit jusqu'à la fin du monde", Hervé part pour un grand voyage dont il ne reviendra pas indemne. 

Troublé par cette jeune fille aux yeux qui "n'ont pas la forme orientale" et qui ne connaît pas sa langue, Hervé semble prêt à vivre sa vie et à se laisser aller aux charmes exotiques de ce bout du monde. Pourtant, il assistera jusqu'à la fin au spectacle inexplicable et léger de sa vie, pareil à cette eau doucement ridée par le vent. 

Ce jardin qu'il dessine patiemment, ces oiseaux qui s'envolent par milliers en feu d'artifice flamboyant,  ces calligraphies méticuleuses en empreintes d'oiseau...L'histoire d'Hervé, faite de regards, de soupirs et d'effleurements, est remplie de motifs, tous évocateurs de ce Japon, pays aux traditions merveilleuses et cruelles. Sensualité des désirs et des passions, amours impossibles et nostalgie de ce qui ne peut être vécu, Baricco nous plonge dans une histoire d'une grande sensibilité, pleine de poésie et de délicatesse.  

samedi 13 février 2010

mercredi 10 février 2010

« Happiness is only real when shared »







Le très beau film Into the Wild de Sean Penn, qui a eu la bonne idée de passer derrière la caméra, ne laisse pas indifférent. L'histoire de ce grand Meaulnes américain en quête d'absolu envoûte tant par ses paysages et sa musique, que ses questionnements sur notre monde et nos existences. 


Christopher McCandless, jeune diplômé brillant et plein d'avenir, décide brusquement de tout plaquer, ses études, sa famille et tout ce qu'il possède, pour gagner les grands espaces. Mais que fuit-il exactement? Comme sa soeur (en voix off) nous le dévoile peu à peu tout au long du film, c'est la colère qui guide ses pas, cette rage douloureuse contre ses parents qui l'ont trahi et déçu. Et à travers cet idéal parental brisé, c'est toute la société, celle à laquelle ils adhérent, matérialiste et superficielle, pleine de besoins artificiels, qu'il rejette. Mais que cherche-t-il? Qu'espère-t-il trouver au bout de son voyage?

Au cours de la quête existentielle et spirituelle qu'il entreprend, Christopher devient Alexander Supetramp. Avec Thoreau pour banière, le jeune homme cherche la liberté, la beauté, la vérité... "Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness... give me truth". C'est un retour à l'essentiel, à l'instant, ici et maintenant. 
Idéalisme naïf et sans concession, furieuse nécessité de trouver un apaisement, désir démesuré de liberté, Alexander nous entraîne dans son périple et nous fait rêver dans ces paysages sauvages (et sublimes) d'Amérique jusqu'aux confins de l'Alaska. Habité par les pensées de ses écrivains fétiches, vagabonds et naturalistes, tels London, Byron (« I love not man the less, but Nature more."), ses rêves pour tout bagage, Alexander entame un voyage au delà de toutes limites, presque irrationnel. Car "Si on admet que la vie humaine peut être gouvernée par la raison, alors toute possibilité de vie est détruite..." disait Léon Tolstoï, un autre de ses modèles...

Mais extrémiste dans sa démarche, Alexander devient moraliste dans sa quête d'absolu. Malgré les rencontres sur son chemin, les nombreuses mains tendues, et tout l'amour de ces échanges, le héros restera jusqu'au bout persuadé que la vie est dans l'expérience de toutes choses, et surtout dans l'expérience de la nature, « alone into the wild ».

Pourtant ce retour à Mère Nature (qui est loin d'être si amicale) et à l'état le plus sauvage, le plus primaire de l'homme, cette obsession de se trouver soi même, et l'essence même de son existence, souffre finalement d'un manque certain d'humanité. Où est l'amour? Où est l'amitié? Où est le partage? Si sa famille n'était pas parfaite (mais quelle famille l'est?), ne l'a-t-elle pas pour autant aimé? Que peut-il apprendre de plus seul dans une nature où chaque instant doit être consacré à soi et sa propre survie?

Finalement « trapped in the wild » quand la leçon est comprise, quand enfin, dans le dernier chapitre, notre héros "accède à la sagesse", il est déjà trop tard. Au bout de son voyage, au bout de sa colère, terrassé par la réalité des choses, Supertramp devra « appeler chaque chose par son vrai nom » est redevenir un homme comme un autre devant ce simple constat: Le bonheur ne vaut que partagé.

Alors qu'il semblait avoir sauté des pages, le jeune homme redécouvre alors Tolstoï et la recette du vrai bonheur. « J'ai vécu beaucoup de choses et je pense maintenant avoir trouvé ce qui est nécessaire au bonheur. Une vie calme et isolée à la campagne avec la possibilité d'être utile aux autres... Et enfin plus que tout le reste, toi pour compagne, et des enfants peut-être. Que peut désirer de plus le coeur d’un homme?  »


mardi 9 février 2010

lundi 8 février 2010

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Etats Unis.

La malédiction d'Edgar, un des derniers livres que j'ai lu, est un livre à conseiller.

Marc Dugain (auteur également de La chambre de officiers) brosse un portrait passionnant de John Edgar Hoover, célèbre et tout puissant patron du FBI de 1924 à 1972 (soit près de 50 ans!) et retrace, à travers lui, l'histoire des Etats Unis et de ses plus illustres citoyens, notamment à l'époque trouble de la guerre froide.

Dans ces mémoires imaginaires de Clyde Tolson (l'assistant et supposé amant de Hoover), vous découvrirez la personnalité complexe et torturée d'Edgar, les méthodes peu scrupuleuses du FBI mais également les dessous croustillants de la politique américaine, ses rapports avec la Mafia, ses complots et ses guerres intestines...
Vous pourrez par la même occasion désacraliser la dynastie Kennedy et notamment son plus célèbre représentant John Fitzgerald (grand malade et coureur de jupon névrotique), et enfin avoir un nouveau regard sur les différentes affaires qui ont secouées l'Amérique à cette époque: l'exécution des Rosenberg, le soit-disant suicide de Maryline Monroe, l'assassinat de Kennedy...

Ce livre, entre réalité et fiction, constitue un panorama de 50 ans d'histoire américaine et en déconstruit tous les mythes. L'écriture est agréable et efficace et le portrait sans concession de l'Amérique et de ses scandales est fascinant.

Laissez vous aller aux vices de l'Amérique !